Psychoblog - Les notes à l'école ...

Nous ne saurions intervenir sur la politique des notes ou des niveaux, elle regarde l'administration de l'éducation et les citoyens dans le débat démocratique, parents, élèves, sachant ou apprentis. Ce débat est riche, mais il nous semble plus intéressant d'aborder ici le vocabulaire psychologique de la "sanction". Quelles modalités ? Quelle nécessité ?

Le terme de "sanction" signifie "conséquence" d'un acte.

Elle peut être positive, négative ou neutre. Une sanction positive est favorable, valorisante : "bravo". Une sanction neutre signifie l'expectative, l'attente, le non jugement, "je ne sais pas dire", c'est passable. Une sanction négative renvoie à l'insuffisance, la faute, le désaccord, voire la rupture.
Considérons que chaque être humain est unique, absolument unique dans sa nature, son existence, son développement, ses qualités et ses manques. L'éducation, qu'elle soit familiale puis sociale, n'est rien d'autre qu'une tentative d'uniformiser cette grande mosaïque vivante qu'est un peuple, pour organiser son histoire, et fonder une société.
Depuis l'école obligatoire et la prise en charge  du devenir par l'état, les sociétés avancées semblent progressivement jalouses d'une certaine rentabilité des procédures scolaires et éducatives. Le premier point étant que la fourchette est de plus en plus étroite entre le moment de maturité naturelle d'une fonction et l'exigence socioculturelle de sa réalisation par le jeune. Par exemple,  l'enfant humain "normal" ne maitrise la propreté diurne qu'entre 3 ans et 5 ans, alors que le passage à l'école maternelle "tend" à la souhaiter le plus tôt possible, dès 3 ans. La lecture est une compétence qui ne devient mature qu'entre 5 ans et 7 - 8 ans, on l'exige selon les pays à  5 ans, 6 ans, 7 ans… Quoi qu'il en soit, les niveaux scolaires tendent à souhaiter une "moyenne" de réalisation par classes d'âge d'une année (jusqu'à préciser les choses au 1er janvier),  là où la population enfantine développe naturellement telle fonction sur deux ou trois ans.

L'éducation consiste certainement à renvoyer à chacun la conséquence de ses actes.
Rien ne va "de soi" dans une société de contrat. Redisons que l'adulte à ainsi la charge de situer l'enfant et l'adolescent (tout apprenti en fait), dans l'ordre de ce qui est attendu de lui. Les parents eux-mêmes ont la charge essentielle de renvoyer à leur progéniture tels avis, conseils, sanctions, évaluations, devant tout événement important de la vie commune. L'éducation est un phénomène "actif" de la coexistence, elle structure ainsi les sens de la relation, de la responsabilité, de la socialisation. Elle imprime ce qui va moduler les échanges et leurs valeurs dans l'existence.
L'école ne dispose pas de la même palette que la famille. La famille peut opposer au jeune bien des "réactions" affectives, émotionnelles, intimement morales : un parent peut dévoiler sa propre histoire, sa propre intimité, ses "tripes" comme on peut dire, face à un événement que le jeune produit. Deux parents, une famille élargie, conçoivent ainsi la subtile complexité des références opposées à un jeune en développement. L'école, elle, est tenue à des sanctions plus univoques, administrées, conventionnelles, soumises à des codes opposables à "tous".

Ce qui nous semble important, et même essentiel, est que :
 toute sanction éducative soit personnalisée, explicite et constructive.
"Explicite" signifie qu'elle prend le temps de se faire comprendre, d'expliquer ce qui était attendu et ce qui est jugé, jaugé précisément pour ce jeune là. Par exemple l'enfant dyslexique et dysorthographique mérite qu'on ne confonde pas la substance de son savoir (devoir écrit, en histoire ou en français ou toute autre matière), avec les fautes de formulation et d'orthographe. Ou plutôt préférer une évaluation orale. "Constructive" signifie que l'évaluation est non seulement fonction de son évolution personnelle, des productions antérieures, mais qu'elle tend à inciter, stimuler, ouvrir, et non pas à blesser, à enfermer, à stigmatiser. Une mauvaise note, un niveau bas, un désaccord éducatif, une remontrance, un refus même, se doivent de rester autant que possible respectueux, compréhensifs, rassurants, ouverts à la difficulté, à la faute, et surtout à la réparation, au dépassement, à la "solution" possible.  
Là est l'essentiel psychologique de toute éducation :
marquer une objectivité des faits sans complexe, quelque chose peut être mauvais, bon, excellent ou passable… Mais se faire "devoir" d'aider le sujet à poursuivre,  à construire, à se construire, à développer sa nature, sa vie, ses projets. Soit  en l'aidant à poursuivre laborieusement la construction de ce qui faible en lui, soit en lui permettant de valoriser ce qu'il a de bon par ailleurs.

C'est pourquoi nous retiendrions une idée conclusive seulement pour imager ce qui précède :

pourquoi ne pas établir avec l'accord de l'élève un quota de points de coefficient, qu'il distribuerait de manière responsable entre ses matières faibles et ses matières fortes ? A lui de valoriser ses propres qualités, et de prendre ses propres responsabilités. A la société alors de valoriser aussi une réelle ouverture de la palette des compétences "valables" : le dyslexique se vengerait officiellement sur les maths, un autre sur l'informatique, un autre trouverait une vraie reconnaissance dans tel sport, telles matières artistiques, arts plastiques, musique, langues, et bien d'autres choses encore. Face à la merveilleuse "diversité biologique" que représente en soi l'immense mosaïque des personnalités et des natures propres de nos jeunes, nos sociétés riches et avancées pourraient-elles ainsi diversifier les critères de performance "valables" utiles et nécessaires à la construction du métier de citoyen. Les "options" chères aux programmes anglo-saxons vont dans ce sens.

Le 24/12/2016 à 10:13
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