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La reprise ...

le 28/08/2017 à 12:12


La rentrée scolaire

« La » et non pas « une » entrée scolaire, car toute une population de jeunes de tous âges ré-aborde annuellement cette rive du savoir, au même moment, comme une marée qui viendrait effacer la trace des vacances sur la plage.

Pourtant, à chacun sa rentrée, ses souvenirs, ses attentes…D’ailleurs, bien des adultes reprennent eux aussi leur travail dans le même temps…L’été a rythmé une dimension sensible : la vie familiale a pu prendre ses droits entiers sur la vie, quelques jours ou quelques semaines d’intimité « totale », de partages sensibles (n’oublions pas les nombreux jeunes dont les parents sont séparés), pour enfin rendre à la société le devoir du collectif.
La « rentrée » n’est pas uniquement scolaire. Le jeune va découvrir ou retrouver une certaine manière de vivre, non seulement dans le domaine de l’école, mais aussi dans celui de la vie familiale, sociale, culturelle (activités diverses, reprise d’habitudes voire de contraintes pourtant vite oubliées durant les vacances). C'est probablement cette rupture de rythmes qu’il convient d'aménager, chacun dans la famille pouvant exprimer ses propres angoisses, ses propres souhaits. Qu’on le veuille ou non, l’image sociale et culturelle des grandes vacances est globalement celle de moments meilleurs, enviables, privilégiés, image qui éprouve( ?) donc fortement le sens des plaisirs et des rêves, la continuité des liens, la cohérence des possibles.

En famille, chacun pourra parler de ce « passage », exprimer ses sentiments, et ainsi se préparer ensemble à la « reprise ». Reprendre les rythmes de coucher, de sommeil, des repas, faire les courses et les emplettes qui donnent aux choses une couleur agréable : cahiers, stylos, cartables, et, bien sûr, les outils informatiques voire, pour certains, les téléphones mobiles qui assurent la connexion, la sécurité et les échanges familiaux précédant les retrouvailles du soir.

Enfin, cette rentrée est « scolaire ». D’abord, pour la plupart, elle dit l’importance de retrouver les amis, les copains, mais aussi les questions posées sur la constitution de la classe, sur la présence ou non de tel ou tel professeur, sur les changements de lieux, de transports, de présences.
La reprise du « travail » a souvent été atténuée par le maintien d'un bain scolaire et culturel (notamment grâce à des devoirs de vacances de plus en plus ludiques et attrayants).
Une ré-imprégnation scolaire est donc souhaitable avant la rentrée, au moins durant quelques jours, ce qui fonde aussi la voix parentale dans la nouvelle étape du savoir et de la formation. Il y a là certainement un moment fondamental : que chacun participe à donner du sens au travail, à l’effort très vite demandé. Chaque membre de la famille, chaque professeur, mais aussi les amis…chacun aura le loisir de présenter ses valeurs selon une hiérarchie qui lui est propre, ses priorités : pourquoi travailler, pourquoi devoir apprendre ?

Trop de jeunes semblent ignorer les sens constructifs nécessaires au métier d’élève, au labeur, à la sauvegarde de soi et de l’avenir, à la compétition comme au partage de ce que l’on sait, de ce que l’on désire. Trop de jeunes semblent ne retenir qu’un morcellement de « matières » et d’artifices créés de toutes pièces par des adultes d'un autre âge, voire des programmes sans rapport avec les réalités d’une vie qu’ils vivent aujourd’hui en étant plus précoces, plus libres, plus expressifs, plus puissants, plus critiques, au sein d’une population européenne beaucoup plus diverse qu’autrefois sur tous les plans, sociaux, ethniques, religieux.

Deux principes vont alors primer selon nous : la cohérence des messages adressés aux jeunes pour expliquer les sens de la construction de la vie, cohérence qui relève de notre responsabilité d’adultes ; la responsabilité implicite (mais qui doit être explicite) des jeunes eux-mêmes dans les étapes parfois mal ou non réversibles de leur formation à leur propre avenir.

Concernant les adultes, le « culturellement correct » est un point sensible : doit-on remplacer les notions d’interdit et de limites par celle d’une « structure » nécessaire aux relations sociales ? Remplacer les notions plus faciles de désir et d’envies par celle de négociation avec le possible ? Rendre compatible un légitime degré d’insouciance de la jeunesse avec un réalisme indispensable dans un monde dont on peut honorer la diversité biologique, mais qui met en avant la compétition pressante pour le fruit du travail, donc la construction d'un métier. C’est ce vocabulaire qui s’imposera aux jeunes, comme la marque de l’expérience variée voire contradictoire des aînés, un guide qu’ils vont prendre, chacun, la responsabilité de discuter et de s’approprier.
Car il nous semble essentiel de renvoyer à chaque âge de la vie sa responsabilité explicite, qui n’est pas l’ombre mais la lumière même des libertés croissantes de nos jeunes. Ils « font » leur vie, certes élevés, aidés, guidés, mais de plus en plus tôt émancipés dans leurs désirs, leurs besoins et leurs goûts, alors qu’ils sont souvent tardifs ou fragiles dans leur capacité d'autonomie.

L'école, comme la famille, entretient souvent le vocabulaire du « contrat », et la rentrée scolaire est plus que jamais le moment de ce contrat.

PM

Les notes à l'école ...

le 24/12/2016 à 10:13

Nous ne saurions intervenir sur la politique des notes ou des niveaux, elle regarde l'administration de l'éducation et les citoyens dans le débat démocratique, parents, élèves, sachant ou apprentis. Ce débat est riche, mais il nous semble plus intéressant d'aborder ici le vocabulaire psychologique de la "sanction". Quelles modalités ? Quelle nécessité ?

Le terme de "sanction" signifie "conséquence" d'un acte.

Elle peut être positive, négative ou neutre. Une sanction positive est favorable, valorisante : "bravo". Une sanction neutre signifie l'expectative, l'attente, le non jugement, "je ne sais pas dire", c'est passable. Une sanction négative renvoie à l'insuffisance, la faute, le désaccord, voire la rupture.
Considérons que chaque être humain est unique, absolument unique dans sa nature, son existence, son développement, ses qualités et ses manques. L'éducation, qu'elle soit familiale puis sociale, n'est rien d'autre qu'une tentative d'uniformiser cette grande mosaïque vivante qu'est un peuple, pour organiser son histoire, et fonder une société.
Depuis l'école obligatoire et la prise en charge  du devenir par l'état, les sociétés avancées semblent progressivement jalouses d'une certaine rentabilité des procédures scolaires et éducatives. Le premier point étant que la fourchette est de plus en plus étroite entre le moment de maturité naturelle d'une fonction et l'exigence socioculturelle de sa réalisation par le jeune. Par exemple,  l'enfant humain "normal" ne maitrise la propreté diurne qu'entre 3 ans et 5 ans, alors que le passage à l'école maternelle "tend" à la souhaiter le plus tôt possible, dès 3 ans. La lecture est une compétence qui ne devient mature qu'entre 5 ans et 7 - 8 ans, on l'exige selon les pays à  5 ans, 6 ans, 7 ans… Quoi qu'il en soit, les niveaux scolaires tendent à souhaiter une "moyenne" de réalisation par classes d'âge d'une année (jusqu'à préciser les choses au 1er janvier),  là où la population enfantine développe naturellement telle fonction sur deux ou trois ans.

L'éducation consiste certainement à renvoyer à chacun la conséquence de ses actes.
Rien ne va "de soi" dans une société de contrat. Redisons que l'adulte à ainsi la charge de situer l'enfant et l'adolescent (tout apprenti en fait), dans l'ordre de ce qui est attendu de lui. Les parents eux-mêmes ont la charge essentielle de renvoyer à leur progéniture tels avis, conseils, sanctions, évaluations, devant tout événement important de la vie commune. L'éducation est un phénomène "actif" de la coexistence, elle structure ainsi les sens de la relation, de la responsabilité, de la socialisation. Elle imprime ce qui va moduler les échanges et leurs valeurs dans l'existence.
L'école ne dispose pas de la même palette que la famille. La famille peut opposer au jeune bien des "réactions" affectives, émotionnelles, intimement morales : un parent peut dévoiler sa propre histoire, sa propre intimité, ses "tripes" comme on peut dire, face à un événement que le jeune produit. Deux parents, une famille élargie, conçoivent ainsi la subtile complexité des références opposées à un jeune en développement. L'école, elle, est tenue à des sanctions plus univoques, administrées, conventionnelles, soumises à des codes opposables à "tous".

Ce qui nous semble important, et même essentiel, est que :
 toute sanction éducative soit personnalisée, explicite et constructive.
"Explicite" signifie qu'elle prend le temps de se faire comprendre, d'expliquer ce qui était attendu et ce qui est jugé, jaugé précisément pour ce jeune là. Par exemple l'enfant dyslexique et dysorthographique mérite qu'on ne confonde pas la substance de son savoir (devoir écrit, en histoire ou en français ou toute autre matière), avec les fautes de formulation et d'orthographe. Ou plutôt préférer une évaluation orale. "Constructive" signifie que l'évaluation est non seulement fonction de son évolution personnelle, des productions antérieures, mais qu'elle tend à inciter, stimuler, ouvrir, et non pas à blesser, à enfermer, à stigmatiser. Une mauvaise note, un niveau bas, un désaccord éducatif, une remontrance, un refus même, se doivent de rester autant que possible respectueux, compréhensifs, rassurants, ouverts à la difficulté, à la faute, et surtout à la réparation, au dépassement, à la "solution" possible.  
Là est l'essentiel psychologique de toute éducation :
marquer une objectivité des faits sans complexe, quelque chose peut être mauvais, bon, excellent ou passable… Mais se faire "devoir" d'aider le sujet à poursuivre,  à construire, à se construire, à développer sa nature, sa vie, ses projets. Soit  en l'aidant à poursuivre laborieusement la construction de ce qui faible en lui, soit en lui permettant de valoriser ce qu'il a de bon par ailleurs.

C'est pourquoi nous retiendrions une idée conclusive seulement pour imager ce qui précède :

pourquoi ne pas établir avec l'accord de l'élève un quota de points de coefficient, qu'il distribuerait de manière responsable entre ses matières faibles et ses matières fortes ? A lui de valoriser ses propres qualités, et de prendre ses propres responsabilités. A la société alors de valoriser aussi une réelle ouverture de la palette des compétences "valables" : le dyslexique se vengerait officiellement sur les maths, un autre sur l'informatique, un autre trouverait une vraie reconnaissance dans tel sport, telles matières artistiques, arts plastiques, musique, langues, et bien d'autres choses encore. Face à la merveilleuse "diversité biologique" que représente en soi l'immense mosaïque des personnalités et des natures propres de nos jeunes, nos sociétés riches et avancées pourraient-elles ainsi diversifier les critères de performance "valables" utiles et nécessaires à la construction du métier de citoyen. Les "options" chères aux programmes anglo-saxons vont dans ce sens.

Présentation du Psychoblog

le 31/08/2015 à 19:56

Dans la démarche d'éducation, les parents d'élèves, sans aucun doute soucieux d'accompagner leurs enfants de la façon la plus adaptée ... et la plus efficace, se trouvent régulièrement confrontés à des questionnements ou à des préoccupations liés à la scolarité de leurs enfants.

L'idée d'un psychoblog repose sur la mise à disposition d'un espace/ conseil, espace de « guidance psychologique », et peut s'articuler autour de deux modes :

  • Ponctuellement, l'abord et le développement d'un thème, sous la forme d'un petit exposé.
  • La réponse à une question de parents sélectionnée dans un « vivier » de questions posées sur le psychoblog.